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- Michel dit "Pisseux".

 

- " Théorie pratique sur l'art de la savate et de la Canne " - extraits.

 

- Les compagnons du tour de France - H. Daumier.

 

- Gavarni, élève de Michel, dit "Pisseux".

 

 

 

 

 

 

 

                        Une-lecon-de-boxe-et-de-canne---Gavarni                                                    Canne-francaise-dite-canne-de-combat---Cham-caricature--5

 

 

 

« La pratique de la savate, de la Canne et du Bâton permet en deux années par un travail opiniâtre, d’acquérir une force peu commune de corps et une adresse étonnante dans tous les exercices... »

 

 

 

 

 

                      MICHEL dit "PISSEUX"  (1794-1869)

 

 

 

Michel dit Pisseux voit le jour à La Courtille; quartier chaud de la capitale, célèbre pour ses cabarets, bals et bouges. Le long des barrières de Paname, il fréquente une population de bas-étage composée de souteneurs et d'escarpes... les futurs "apaches" de la fin du siècle. Michel Pisseux ne les craignait pas; il devint même la terreur de ce quartier.

 

 

 

"... Il pouvait avoir 36 ans; son visage était terne et marqué de petite vérole, ses yeux gris pleins de ruse; ses membres étaient longs et osseux; ses grandes mains et ses doigts noueux semblaient avoir la dureté du bois; il portait une veste et un large pantalon en drap brun, une casquette, et ses gestes rapides et désarticulés rappelaient les mouvements de l'ancien télégraphe..."  

 

Comte d'Alton-Shée - Mémoires

 

 

 

Ce fils de boulanger ouvre à La Courtille, une salle de "Savate Parisienne" qui rencontre un grand succès. Chez Michel dit Pisseux, on manie aussi le Bâton, la Canne, le fléau à 7 branches, le Bâton brisé ainsi que le biscaïen.

 

 

Il enseigne : Les coupés simples ou doublés, les coupés de figure à droite et à gauche, les coups de bout, les enlevées de poignet, les coups de désarmement, les voltés simples ou doublés...

 

 

 

 

            Fete---quartier-de-La-Courtille

                                Le quartier de la Courtille (Belleville)

 

 

« Allons enfants de la Courtille,

Le jour de boire est arrivé,

C'est pour nous que le boudin grille…

À table, citoyens,

Videz tous les flacons,

Buvez, mangez, qu'un vin bien pur

Humecte vos poumons ! »

 

A. Antignac « La Marseillaise de la Courtille »  1792

 

 

 

 

Il quitte la Courtille pour un quartier mieux fréquenté; il s'installe rue Buffaut, faubourg Montmartre. La vogue de la savate battait son plein. La classe riche, les célébrités artistiques et littéraires accouraient prendre des leçons. On le disait de première force à l'exercice de la Canne, ainsi qu'au Bâton. Il donne également des cours chez le duc d'Orléans et chez lord Seymour.

 

 

" ll devint si populaire, que tous se précipitaient à ses cours, prolétaires comme bourgeois. "  Milord l'Arsouille

 

 

Il eut pour élève, Théophile Gautier, "un colosse d'une agilité prodigieuse ». En gilet rouge Théophile donne la réplique au marquis de Noailles et convertit Eugène Sue à cette "lutte aux armes naturelles. Le plus beau développement de la vigueur humaine".

 

 

« Michel dit Pisseux, est l’un des précurseurs de la savate. »    J. Charlemont

 

 

 

                                                                                   

                        Canne française - la salle-de Michel dit

 

 

 

« J’ai été édifié, de lire sur une enseigne : Michel, dit Pisseux, « professeur de Canne ». Vous sentez combien ce mot de « professeur » est ici le mot propre, et combien l’élocution est indispensable pour enseigner à Jouer du Bâton. » F. Genin

 

 

 

                L'art de la savate et de la canne -Michel dit Pisseux

 

 

 

Un ouvrage écrit par un de ses élèves resté anonyme, paraît en 1843 sous le titre de : "Théorie pratique sur l'art de la savate et de la Canne".

 

 

Ce livre propose un bref historique de la Canne, ainsi qu’une une progression technique en 15 divisions, en insistant sur le principe d'efficacité et la nécessité de bien "armer" ses coups...

 

 

" Un homme qui manie bien une canne pourrait, dans une attaque nocturne (et nous l'avons démontré), ou dans d'autres circonstances, se défendre aisément contre quatre ou cinq individus, et même plus. J'en ai vu plusieurs exemples..."

 

 

 

Rixe entre compagnons du tour de France - Daumier

 

« … Ces compagnons, qui se servaient de Bâtons pour se battre et soutenir en tout l’honneur de leur coterie, poussaient souvent la férocité et la méchanceté, jusqu’à adapter au bout de ces Bâtons, des tire-points aiguisés, et dont le bout était aussi piquant que la pointe d’une aiguille, ces mêmes piquants se trouvaient renfermés dans le bout de cuivre vice de leurs Cannes… Certes, un grand nombre d’entre eux se livreraient de tout cœur à l’exercice de la savate et de la Canne, s’ils n’ignoraient pas que ces exercices fusent passés maintenant dans le domaine de l’éducation et du bon goût. »

 

 

 

 

 

MICHEL dit "PISSEUX" ET L'EXERCICE DU BÂTON

 

 

« Nous avons deux professeurs d’une certaine distinction, messieurs Moufflet et Gousset.

 

 

Leur exécution est facile. Moufflet joint à l’élégance de son jeu, à la souplesse de ses mouvements, une force athlétique, qui ne lui nuit pas. Dans son jeu de Canne, on remarque un développement bien entendu et un bel aplomb.

 Gousset, joint à ces mêmes avantages une supériorité bien grande dans cet exercice inusité des amateurs, du reste défendu comme étant trop dangereux. Les amateurs ont pu le voir dans certains assauts déployer, avec une adresse et une dextérité infinie, le « fléau à 7 branches », le Bâton brisé et le biscaïen.

 

 

Je le dis hautement, je n’ai jamais vu aucun des professeurs qui existent, manier ces instruments avec autant d’adresse et d’audace que lui, et, je le répète, je n’en connais aucun capable de rivaliser avec lui dans cet exercice. Cependant, rendons justice à qui de droit : Michel Pisseux les manie après lui d’une façon peu commune… »

 

 

« ...Un professeur dont nous n’avons pas encore fait mention, M. Trinquart, et qui, malgré un infirmité des plus grande (un pied bot), se livre à l’exercice du Bâton, le déploie d’une manière admirable ; il est même surprenant pour un homme possédant une telle infirmité, de développer aussi bien et de tirer aussi gracieusement.

Tous les amateurs dans tous les assauts l’admirent. Son jeune fils, âgé de 12 ans, marche sur les traces de son père. Il tire déjà d’une manière ravissante, et fait souvent l’admiration de bien des amateurs. Le père manie aussi la Canne, d’une manière très remarquable. »

 

 

 

 

Michel Pisseux eut une fin si malheureuse, qu'il fut dans la nécessité de recourir à la bienfaisance de ses anciens élèves. Vers 1864, il habitait encore Montmartre, dans une petite maison ancienne, où Gavarni le célèbre dessinateur, envoyait de temps en temps son jeune fils porter un louis à son ancien professeur.

 

 

 

 

               Gavarni-Paul-1804-1866---portrait

                                            Gavarni

 

 

 

Gavarni avait derrière lui de sérieuses études de Canne, Bâton et de boxe. Après avoir fréquenté la salle d'un certain Gobine, il devient l'élève du fameux Michel Pisseux entre 1839 et 1843. Il lui offre une sorte d’immortalité par cette terrible réclame sur un mur de fond d’une de ses lithographies :

 

 

« Rue Buffaut, 10, Michel (dit Pisseux) , maître de danse, entrepreneur « de tournées, roulées, suées, brûlées, trempées, tripotées, trépignées, » tient magasin de gifles, calottes, gnions, torgnioles et poche-œil (bon teint), tient tour de reins, coup de trique et coup de pied n’importe et renfoncements soignés. » 

 

 

Une autre de ses lithographies présente le maître, un petit homme trapu à la mouche noire, donnant la leçon dans sa salle, avec cette parole colorée, au bas de la pierre :                                                                                                                                 

"Asseyons-nous commodément, et attention ! N'oublions pas que la Canne doit couvrir son homme de la tête aux pieds, habit, veste et culotte. Il pleut des coups ? Bon ! Le pareur est un "môsieu" habillé de bois..."     

 Edmond et Jules Goncourt  1873

 

 

 

 

 

 

Michel Pisseux mourut en 1869, oublié de sa génération et presque inconnu de la nouvelle; il avait 75 ans. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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