La "Rose couverte de Paname", club de canne de combat dite française et de bâton, se situe près de Paris à Antony.
AGRICOL PERDIGUIER
« Adieu beau Tour de France de mes 20 ans, tu as été le parfum de ma vie... avec lui j'ai suivi le chemin de l'honneur et je désire partir dans l'autre monde sans y avoir failli. »
Agricol Perdiguier dit Avignonnais-la-Vertu (1805-1875), commence son 1er tour de France en 1820. Compagnon menuisier du Devoir de Liberté, il essaie d'apaiser les « tensions » entre les sociétés de compagnons… Il écrit des ouvrages importants sur le compagnonnage, des chansons, entretient des correspondances avec Chateaubriand, Lamartine, Béranger, E. Sue et fréquente en compagnie de Sand, le salon de Marie d'Agoult.
Le livre du Compagnonnage qu’il publie en 1839, lui apporte quelques solides inimitiés… mais aussi la reconnaissance des milieux littéraires républicains, et la célébrité. En 1848, il est élu député à Paris. Le 2 décembre 1851, après le coup d’état du futur Napoléon 3, il est arrêté avec de nombreuses personnalités… Edgar Quinet, Victor Hugo, Louis Blanc, Lamennais...
Il disparaît en 1875, pauvre et abandonné…
« Peu sensible à la poésie des combats, doué d’un zèle apostolique, persévérant, actif, infatigable, dominé et comme assailli à toute heure par le sentiment de fraternité humaine, Agricol Perdiguier de faire comprendre à ses frères l’idéal éclos dans son cœur. » G.Sand

Ouvrages principaux :
1839 : « Le Livre du Compagnonnage. »
1854 : « Mémoires d'un Compagnon. »
Extraits :
« Les compagnons du Devoir de Liberté m'ont pris par la main au sortir de l'enfance, m'ont dirigé, soutenu, et me ramènent grandi et fortifié à mon point de départ. Dans mon pays, mes dessins, mes modèles, mes couleurs, mon écharpe (de premier compagnon), ma Canne, mon Certificat d'honneur dans son magnifique cadre me parlent sans cesse du Tour de France… »
« Admirant l'opulence
De nos belles cités
Je visite la France
Reine des Libertés
Prêchant la tolérance
Et la Fraternité
L'amour et la science
Soeurs de l'Egalité »
« Quel étonnement monsieur Arago de vous entendre ainsi parler, que dites vous là ? Cinq ou six siècles avant Monge, pourtant les grandes cathédrales étaient debout avec leurs hautes nefs, leurs flèches élancées, leurs chaires à prêcher ! Et tout cela aurait été fait de routine ? »
« En ce moment, la presse quotidienne semble dédaigner les productions littéraires des artisans ; elle prévoit les effets de cette intelligence qui pénètre toujours plus profondément les masses ; elle craint une émancipation trop complète, trop vaste...
C'est à vous Madame à détruire leur tactique, à encourager les artisans poètes et prosateurs, ainsi qu’à leur donner confiance, dussent comme vous l'avez dit vous-même, quelques suicides de plus avoir lieu chaque année... » 1842 – Lettre à G. Sand
« Mon frère, mon fils et Mr Chopin vous disent mille choses affectueuses. » G. Sand
« Je vous envoie ce que j'ai de plus fraternel dans le cœur. » V. Hugo
À Perdiguier
« Perdiguier, lève toi, reviens parmi tes frères,
Viens errer dans nos coeurs où tu semas l'amour.
Viens, ô bon Laboureur, étendre sur nos aires
La pénible moisson que tu semas un jour.
Nos cannes ne sont plus teintées du sang des nôtres,
Les embouts argentés répudient les combats.
Si tu fus le messie, nous sommes les apôtres,
Compagnons d'aujourd'hui, ne nous divisons pas !
… Perdiguier, dors en paix, nous gardons ta mémoire,
Et nos petits-enfants reviendront après nous
Parfois, renouveler cette palme de la gloire
Que t'offrent les gavots, Dévoirants, Chiens et Loups. » A. Boyer

Compagnon menuisier du Devoir de Liberté, en deuil