La "Rose couverte de Paname", club de canne de combat dite française et de bâton, se situe près de Paris à Antony.
Chansons... 1
« Notre mère, pays et coteries, trouvez-vous le compagnon l'Ami du Devoir capable de vous chanter une chanson
Capable !
Et vous, l'Ami du Devoir, vous en sentez-vous capable ?
Oui mon pays ! Et si je ne le suis pas, les compagnons me reprendront ! »
CHANSONS DE COMPAGNONS - extraits
« La Canne du compagnon on n'en a fait 36 chansons et mille et une batailles. Pas de compagnon sans Canne. Mais ce symbole des symboles il faut y avoir droit ! La grande Canne est réservée aux compagnons « finis ». Ensuite il ira choisir et acheter sa Canne de compagnon ; elle ne le quittera plus ». A. Boyer

LA CANNE
« Puisqu'on voit, partout ici-bas
Chacun chanter l'objet qu'il aime.
Chers amis, je n'hésite pas,
Je chante du Devoir : l'emblème !
Le Héros chante son exploit,
Le fumeur son jaune havane,
Le buveur le bon vin qu'il boit,
Moi je vais vous chanter la Canne !
La Canne, gage précieux
De la valeur et de la gloire
La Canne fait mille envieux
Sur la route de la victoire !
L'esponton vil tremble et pâlit
À son aspect, lui le profane,
Aspirants, mon coeur a tressailli
En voyant la première Canne !
Respectable par sa longueur,
Plus brillante qu'une auréole
C'est le symbole de l'honneur,
C'est notre Dieu, c'est notre idole,
Avec elle, on ne craint plus rien,
Avec elle on se pavane,
Du Dévoirant c'est le soutien,
Pour voyager, vive la Canne ! »
Quand au retour de la saison
Alors qu'un de nos frères nous quitte
Et que Phoebus d'un beau rayon
Illumine un champ de conduite
On voit en tête le rouleur;
Près de lui la rose se fane;
L'arc-en-ciel et ses vives couleurs
Brille moins que sa noble Canne !
… Quel est l'auteur de la chanson ?
Faible écho de la Corderie.
L'Ami des Filles est son nom,
Le Languedoc est sa patrie.
Si quelque ennemi de son rang
Venait pour lui chercher chicane,
On lui prendrait plutôt son sang
Que de lui dérober sa Canne ! » P. Callas
LA CHEVAUCHÉE DE LA MORT (BATAILLE de La CRAU).
« … 10 000 voix soudain comme un cri de tonnerre
Lancèrent aux échos le même cri de guerre :
« À mort les dévorants, sans quartier aux gavots
Et dans un même élan, Papistes et Huguenots
Se ruèrent haineux les uns contre les autres
Ces héros qui jadis des arts étaient apôtres
Pour des cultes douteux faisaient de leur compas
Les instruments de mort de ces nouveaux combats
... et là-bas sous le ciel de La Crau solitaire
Des hommes descendus d'Arles et de Beaucaire
S'égorgeaient froidement pour quelque déité
C'étaient les compagnons Devoir et Liberté
Et la mort étendant sur eux sa faux cruelle
Couchait comme l'épi, ceux qu'effleurait son aile
Cris de morts, bruits de fer, plaintes et gémissements
Se perdaient dans la nuit parmi les râlements....
Les maillets s'abattaient aplatissant les crânes
La pointe des compas s'enfonçait dans les chairs
Tandis que les jurons se croisaient dans les airs
L'équerre du carrier cassait bras, cous, épaules
Les joncs sanglants traçaient leurs rouges paraboles
L'arbalète envoyait son carreau de 100 pas
L'arquebuse en sonnant annonçait un trépas.
Là c'est un coup hardi de sa bisaïgue
Le charpentier adroit brise une pointe aigue
Riposte et d'un grand coup le terrible ciseau
Eventre l'ennemi de son tranchant biseau
L'odeur du sang ne fait qu'aiguillonner leur rage
Mais ô grands Dieux quand donc finira le carnage ! ... » A. Boyer Périgord Coeur Loyal.

CONSEILS D'UN VIEUX COMPAGNON À SON FILS PRÊT À PARTIR POUR LE TOUR DE FRANCE
« Moi dit l’un, j’ai d’un coup de mon fameux Bâton
Etendu raide mort, "Bien-Aimé le Breton"
En le voyant tomber, son proche camarade
Ignorant si du flanc je connais la parade
Me porte un coup de bout qui m’effleure la peau
J’y riposte, et le mien lui brisa son chapeau
Furieux de n’avoir pu lui fendre le crâne… je saisis une pierre…
Ce coup me réussit, je le frappe à la tempe
En le voyant tomber, aussitôt je décampe.
Et moi, dit un second, je ne te cède pas
J’aurai peut-être fait plus, armé de mon compas.
À Saintonge le Gros, dans ma fureur soudaine
De 10 coups assurés j’ai percé la bedaine.
Et "Tourangeau la Mouche", avec tout son orgueil
Se voit pourtant réduit à n’y voir que d’un œil.
… Les compagnons prudents n’ont rien à raconter
Que les progrès du mal qu’ils voudraient arrêter. » M. Capus dit Albigeois l’Ami des Arts - 1840
LES COMPAGNONS
« Autrefois ils allaient sur les routes poudreuses,
La Canne haute et les rubans flottants.
De ville en ville ils allaient en chantant
Des refrains du pays de leur enfance heureuse...
Solides au combat, ils l'étaient à l'ouvrage,
Ne rechignant jamais aux pénibles travaux.
Sublimes chefs d'oeuvre, vous portez témoignage
De leur ténacité, de leur amour du beau.
Et le soir, chez la Mère on contait ses exploits,
En rajoutant toujours; le plus petit combat
Prenait allure de bataille… » B.A.
COMPAGNON
« Demain je prendrai le sentier
Qui s'évade de mon village
Pour trouver au bout du voyage
Les Chefs-d'oeuvre de mon métier.
En chemin plus d'un vieux routier
M'enseignera l'apprentissage
Des vertus du compagnonnage
Pour en être un jour l'héritier.
Lorsque je serai charpentier
Notre Mère j'en tiens le gage
J'emporterai pour seul bagage
La sueur perdue sur les chantiers.
Au lieu de devenir rentier
Quand viendra l'heure du vieil âge
Je croiserai sur mon passage
La mort au coeur banqueroutier.
Adieu Compagnon Charpentiers
Gardez-vous de toute oubliance
Car Parisien dit la Confiance
Chanta l'amour de son métier.
Compagnon
Va-t'en voit tout
Autour du monde
Compagnon
Va-t'en voir si la terre
Est ronde
Compagnon
Va défricher la mappemonde.» René-Louis Lafforgue
LE DÉPART DES COMPAGNONS
« Allons, préparons-nous mes frères.
Cannes en main, gourdes au côté
Rouleurs, déployez vos bannières,
Insignes de fraternité.
Au loin le travail nous appelle,
À nous de construire et bâtir !
Allons ! Allons ! Troupe fidèle,
En marche, en marche, il faut partir.
Que nos Cannes, battent la mesure,
Que nos couleurs flottent au vent,
Amis des arts, de la nature,
En avant, frères en avant.
... Devant nous serpente la route
Nous avançons d'un pas hardi.
Du ciel nous contemplons la voûte
Et nous marchons vers l'infini.
... Venus du Nord ou du Liban,
Nous sommes le Compagnonnage,
L'Asile du peuple artisan. » A.Perdiguier
« Compagnon !
N'as-tu jamais remarqué
Sur les pierres du passé
Le sigle des Tâcherons
Qui taillèrent l'Astragale
L'Âme des vieux Compagnons
Au porche des Cathédrales. »

LES DEUX COMPAGNONS DU DEVOIR
« Deux jeunes Compagnons du Devoir
Cheminaient sur le Tour de France
Ayant leurs bras pour tout avoir
Leur travail pour toute espérance.
De leurs Cannes à long pommeau
Ils étayaient leurs pas rapides
Et laissaient dans chaque hameau
Rires francs et bouteilles vides.
Où marches-tu gai Compagnons
Je m'en vais conquérir la Terre…
Si la République périt
Nous serons à ses funérailles
Car son droit divin est écrit
Au plus profond de nos entrailles.
Quelques-uns voudraient nous lier
Comme des boeufs à l'attelage;
Mais nos cous ne savent plier
Et nos âmes pas davantage. » Pierre Dupont

LE ROI ET LE COMPAGNON - 18e.
Le Roi :
« Ah ! Dis-moi donc, toi qui portes la Canne
Depuis longtemps j'entends vanter ton nom
Et ces couleurs au sein que tu pavanes
Je veux connaître enfin les Compagnons.
Révèle-moi ton secret, ta puissance,
En un seul mot, je prétends tout savoir !
Le Compagnon :
Vous resterez toujours dans l'ignorance
Car nous gardons le secret du Devoir.
Jadis des Rois, tyrans de toutes marques,
Bien trop souvent nous ont persécutés,
Nous briserons vos sceptres, ô monarques
Et connaîtrons enfin la liberté !
Sous les verrous ont gémi nos ancêtres,
Mais nul d'entre eux n'a trahi le Devoir,
Tous vos pareils sont morts sans le connaître
Et vous mourrez aussi sans le savoir.
Sans être un Roi, moi j'ai fait mes compagnes,
Et comme vous j'ai un titre et un nom.
Je suis vannier, natif de la Champagne
Et dans Lyon, je fus fait Compagnon.
Ce que je puis vous dire sans offense,
Heureux et Fier de le faire savoir,
C'est qu'en faisant mon joli Tour de France
L'on m'a nommé La-Fierté-du-Devoir. »
L'ORDRE DU COMPAGNONNAGE
« Parmi nous, pas d’adulateurs
Pas de mépris, pas de vengeance,
Pas de fourbes, pas de menteurs
Pas le désir de l'opulence
Pas de fanfarons sans talents
Pas de mollesse à son ouvrage,
Pas trahir amis ni serments,
C'est l'ordre du Compagnonnage
Parmi nous pas de vanité,
Pas de vouloir, pas d'arrogance
Surtout pas d'infidélité
Envers les lois du tour de France… » E. Collomp
LA FRATERNELLE
« Entendez-vous cette voix qui nous crie :
Unissez-vous, peuples de travailleurs !
Des préjugés le bon sens se récrie.
Vers le progrès, cherchons des jours meilleurs.
Le temps n'est plus des batailles sanglantes
Où notre sang rougissait le chemin,
Que désormais, des paroles aimantes
Viennent s'unir aux serrements de mains.
Fraternité ! Fraternité !
Nous avons vu maintes conduites
Dont le seul but était provocateur
Et sur les champs, sans en prévoir les suites,
L'on s'aiguisait par des chansons d'horreur.
On se tapait toujours avec colère
La Canne au poing quelquefois un compas,
Chacun de nous doit savoir vivre en frère
Et propager l'union des états.
Luttons, luttons, mais contre l'ignorance
Fléau qui fait pleurer l'humanité.
À tout jamais sur le beau Tour de France,
Pour les Devoirs prêchons l'égalité.
Et quand la mort fermera nos paupières
Que nos petits-enfants trouvent dans la douleur
De vrais amis, de véritables frères,
Tels sont les voeux d'Escolle-Joli-Coeur. » Escolle - Joli-Coeur-De-Salernes
« Buvons à nos auteurs,
Buvons à nos chanteurs
Souvent sur la souffrance
Ils versent l'espérance... » Lyon la Lyre
LA PETITE VARLOPE - anonyme 1720
« Petit outil, joli tranchant
Orné d'une très belle tête.
Sois-tu préservé de tempête
Petit outil, outil de Roy,
L'ouvrage se fond devant toi.
… Mon maître servez-vous de moi
Vous serez plus heureux qu'un roi
Vous savez que je suis l'unique
Des outils de votre boutique.
Les établis et les valets
Les règles, trusquins et maillets
Reconnaissent mon Eminence,
Me portent honneur et révérence. »

ADIEU À MES OUTILS, ma muse.
« Allez vous reposer dans le fond de ma cave
Compagnes de mes jours de travail, comme épave
D'un bâtiment brisé par la fureur des flots
S'échouant sous les yeux des vaillants matelots.
Là du moins vous aurez en pleine solitude
Un repos mérité d'un labeur long et rude.
Marteaux, pioches, ciseaux, vous êtes émoussés,
Ah ! Pour vous diriger mes bras en sont lassés
Vous n'avez plus d'acier, le fer seul reste au manche
Et moi, les reins courbés vers le tombeau, je penche.
Adieu mes chers outils, la rouille vous attend
La terre vous créa, la terre vous reprend
Il faut abandonner du soleil la lumière
Et rentrer chez les morts, redevenir poussière. » Escolle
« D'équerre et de niveau, tu t'en vas sur la Loire,
Des Compagnons de Tours tu t'en vas voir la gloire ;
Mais en venant d'Angers, Cabernet, Savenières,
Tu bois avec délices au bord de la rivière... »
« Nous n'apprenons que le Trait chez les compagnons et rien que le Trait ! ce Trait géométrique des constructeurs, et l'Orient, qui est le respect du prochain. »
LE COMPAS
«… En parcourant les 4 coins du monde
Si vous perdez l'étoile d'Orient,
Du Compagnon la course vagabonde
Semble braver tout inconvénient.
Malgré les vents et la foudre et l'orage
Quoique égarés, ne vous alarmez pas
Vous trouverez votre Compagnonnage
Au milieu du compas.... » Morin, l'Île de France la Belle Conduite
« Le soir venu je subis les épreuves,
Compas en main j'ai montré mes talents.
De mon savoir ayant donné des preuves
Ayant promis de tenir mes serments
Je suis admis dans la grande famille.
Et en souvenir de ma réception
On me nomma le Soutien des Bons Drilles
Est-il un plus beau nom de compagnon ? » Brossier Nantais le S...
LE BLASON
« Ordre de la chevalerie
Vous qui portiez la lance et la croix
De vos exploits la terre était remplie
Les plus grands noms s'inclinaient sous vos lois,
La faux du Temps
A fauché, la cruelle
Ces preux guerriers,
Ces nobles champions
Maltes, Templiers, sont tombés sous son aile
Tous, excepté
L'ordre des Compagnons. » Callas