La "Rose couverte de Paname", club de canne de combat dite française et de bâton, se situe près de Paris à Antony.
L'ABEILLE
« Sur les champs il est des frelons
Qui voudraient détruire nos ruches;
Comme l'abeille, Compagnons,
Méfions-nous de leurs embûches.
Armons-nous de notre aiguillon
Contre ces frelons pleins de rage;
Vendôme, par cette chanson,
La Clef-des-Coeurs nous y engage. » Piron C.
LE GRAND MANITOU
« Quand je passerai l'arme à gauche
S'il faut me faire pendre ailleurs
Pour le pire et pour le meilleur
Je ne raterai pas le coche.
Par la route la plus directe
Si Dieu n'est pas un chicanier,
J'irai jusqu'au Grand Architecte
Le jour du jugement dernier... » René-Louis Lafforgue
« Tous les ans le printemps fait naître
Les fleurs dont les champs sont couverts
Et moi je vois de ma fenêtre
Passer les étés les hivers.
En l'air voltige l'alouette
Répercutant son chant joyeux
Et moi du fond de ma retraite
Chers compagnons, je vous fais mes adieux. » Escolle
« Que l'on m'apporte à l'instant mes couleurs.
Je veux les voir avant de rendre l'âme.
Chers Compagnons placez les sur mon coeur.
Afin qu'elles me servent d'oriflamme.
Jusqu'au tombeau je prétends les avoir
Pour vous prouvez mon amour ma constance
Et quand mon coeur n'aura plus de pouvoir
Tache mon fils d'être par ton savoir
Compagnon sur le Tour de France.
... Et toi ma Canne appui de mes vieux ans
Depuis longtemps tu suis partout mes traces
Te souviens-tu qu'une fois sur les champs
Tu dispersas une troupe de lâches
En ce temps là mon bras était nerveux
Je te portais avec toute mon assurance
Mais maintenant je ne suis plus qu'un vieux
Reçois ma Canne les derniers adieux
D'un compagnon du Tour de France ». E Collomp
SOUVENIRS D'AUTREFOIS ( Le départ de Vendôme )
« Je me souviens de mon jeune âge,
Mon père souvent me vantait
Les douceurs du Compagnonnage
Et des plaisirs qu'on y goûtait...
De sa jeunesse
Avec ivresse
Il racontait les heureux passe-temps.
Son âme émue
Quoique abattue
Semblait se croire encore sur les champs.
... S'il est un sol où l'espérance
Promette le parfait bonheur
Ah ! disait-il sur mon honneur
C'est sur le tour de France. »

CHANSONS DE COMPAGNONS
Les couleurs - Malicorne
Compagnons qui roulez en Provence - Malicorne
C'est un Picard, c'est un Normand - J. Bardot
Les trois maçons jolis - Gabriel Yacoub
Le tailleur de pierre -Marc Robine
La conduite - Malicorne
Les trimardeurs - Le Corou de Berra

PIÈCES DE THÉÂTRE – THÈMES COMPAGNONNIQUES
1827 : Théâtre des Variétés : « Les Compagnons du Devoir ou le Tour de France » - Vaudeville

1843 : Folies Dramatiques : « Les Dévorants » - Vaudeville
1846 : Théâtre de la Gaîté : « Les Compagnons ou la Mansarde de la Cité » - Drame mêlé de chants.
1847 : Théâtre Beaumarchais : « Les Charpentiers » - Drame en 4 actes.
1857 : Théâtre Beaumarchais : « L'Enfant du Tour de France » - Drame.
1880 : Folies Dramatiques : « La Mère des Compagnons » – Opéra comique.
1909 : Théâtre Antoine : « Papillon dit Lyonnais Le Juste. »

Théâtre des Variétés en 1815
PETITE BIBLIOGRAPHIE...
1764 : Jacques-Louis Ménétra - Le journal de ma vie.

« Tous les compagnons, avaient une passion démesurée pour apprendre l’espadon et savoir bien manier la Canne ; À Tours, j’avais reçu quelques leçons et nous faisions chez la Mère assaut et le leur démontrais, cela faisait boire ce qui ne déplaisait nullement à la mère. »
« Il me propose des coups de Bâtons. Je lui dis que lorsque j’en reçois j’en rends… Nous voilà au bord de la rivière au Jardin de l’Infante. Je me défends car il est plus nerveux que moi. Tous à coup, il me porte un coup de pointe dans l’estomac… Au même instant, je lui donne avec agilité, un coup sur le bras et je lui démets le poignet ; je jette mon Bâton et je m’en fus lorsque la garde venait pour nous arrêter… »
1820 : Fourquemin François-Joseph - « Souvenirs d’un menuisiers Nivernais au 19e siècle. »
« J’oubliais de dire que pendant le temps que j’étais à Tarare, les compagnons et les aspirants allaient tous les dimanches matin sur un plateau en haut d’un petit monticule, prendre des leçons de Bâton, de Canne, de savate et de chausson… Comme je ne donnais nullement dans ces sciences-là, je n’étais pas bien vu des autres… »
1838 Capus P. : « Mouton Coeur de Lion ou l'honnête criminel, premier martyr du Devoir des Compagnons cordonniers et bottiers, poème en 6 chants ».
1839 Perdiguier Agricol : « Le Livre du Compagnonnage » 1839 - « Mémoires d'un Compagnon ».

Vendôme - dessin de Perdiguier
1840 Piron J. F., Vendôme la Clef des Cœurs. « Le Chansonnier du Tour de France ».
1841 Georges Sand : « Le Compagnon du Tour de France » - 1853 « Les Maîtres Sonneurs »
1844 Capus P. « Conseil d'un vieux Compagnon à son fils prêt à partir pour faire son Tour de France, poème en 5 chants ».
1846 Collomp Emmanuel : « Nouveau chansonnier du Tour de France ».
1846 Lyon L. J. : « La Lyre du Devoir » (chansonnier).
1853 Simon C. G. : « Etude historique et morale sur le Compagnonnage et quelques autres associations d'ouvriers depuis leur origine jusqu'à nos jours ».
1853 : C. G. Simon - Étude historique et morale sur le Compagnonnage.
« 1778. Les querelles entre compagnons provoquèrent à Paris, un arrêt du parlement fait défense aux artisans compagnons de s’associer, de s’attrouper ainsi que de porter Cannes, Bâtons et autres armes. »
1858 : Le secret des compagnons cordonniers dévoilé.
« … Ils en viennent aux mains ; armés chacun d’une longue et solide Canne, ils font quelques évolutions, quelques rapides Moulinets, puis se portent de rudes coups ; le sang jaillit des 2 côtés et le combat ne se modère point… Le maréchal, exténué, meurtri, saignant, chancelle, tombe et s’allonge sur la poussière épaisse du chemin. Le cordonnier impitoyable ne retient point sa fureur, il frappe encore, il déchire son adversaire renversé… Il le déchire ! »
1859 Arnaud J..B..E.: « Mémoires d'un Compagnon du Tour de France ».
1864 Guillaumou Toussaint : « Les Confidences d'un Compagnon ».
1867 Mistral Frédéric : « Calendal » – Le Poème du Rhône.
1879 Calas P. : « Mes souvenirs du Tour de France ».
1897 : Eugène le Roy – Jacquou le croquant.

« ... Nous avons rencontré deux jeunes garçons qui cheminaient et chantaient à pleins gosiers. Ils étaient habillés de velours noir, ceinturés de rouge, avec des sacs de soldats sur le dos. Des casquettes de velours noir aussi les coiffaient sur le côté crânement : à leurs oreilles pendaient des anneaux d'or, et ils tenaient à la main des grandes Cannes enrubannées qu'ils maniaient dextrement, faisant avec, des Moulinets superbes. Ils nous saluèrent jovialement en passant... c'étaient des Compagnons du Tour de France. »


1901 Martin Saint-Léon Etienne : « Le compagnonnage, son histoire, ses coutumes, ses règlements, ses rites ». 1901
1957 Boyer Abel : « Le beau Tour de France d'un compagnon du devoir. » 1957
1958 Vergez Raoul : « La Pendule à Salomon ». 1959 « Les Tours inachevés » 1976 « Les Illuminés de l'Art Royal ». 1976
ANECDOTE :
1962 : Jean Guéhenno de l'Académie Française rend un hommage ému à son père, le jour de sa réception sous la Coupole :
« Par fidélité à tous mes souvenirs, j'ai décidé quand je suis entré à l'Académie Française, que mon épée d'académicien ressemblerait à une Canne de Compagnon. Sa coquille est faites d'une fougère où s'enlacent les Rubans du Compagnonnage et la poignée est ornée d'un écusson sur lequel j'ai fait graver, non pas mon nom, mais celui de mon père, Jean-Marie Guéhenno, Pontivy-la-Justice. j'ai voulu que ce fût lui, ce compagnon qui entre à l'Académie. »
1966 Coornaert Emile : « Les Compagnonnages en France du Moyen-Âge à nos jours ».
1966 Lecotté R. et Desvallées A. : « Métiers de tradition ».
1973 Garry Roger : « Les Compagnons en France et en Europe » - 4 volumes.
« La chevalerie errante s’est transformée ; sa lance s’est changée en Bâton ; la lice est devenue la grande route, et le preux se nomme aujourd’hui « compagnon du Devoir, ou compagnon roulant ou compagnon gavot »...
Il faut espérer qu’un jour les compagnons de France, auront une franche formule de fraternité qui les rapprochera tous. »
Honoré Daumier