La "Rose couverte de Paname", club de canne de combat dite française et de bâton, se situe près de Paris à Antony.
- Naissance.
- La légende d'Hiram.
- La Canne du compagnon.
- Les couleurs.
- Le tour de France.
- Les rixes.
- Le chef-d'oeuvre.
- TV (Ardéchois coeur fidèle) - Cinéma - Chansons 1
- Portrait : Agricol Perdiguier.
« Je ne connais que deux belles choses dans l'univers : le ciel étoilé sur nos têtes et le sentiment du devoir dans nos cœurs . » Kant

LE COMPAGNONNAGE

Type du compagnon charpentier Type du compagnon cordonnier
NAISSANCE
L’origine du compagnonnage remonte à la construction du 1er Temple de Salomon entre 1014 et 930 av JC., et aux bâtisseurs de cathédrales… Quand la pierre était blanche ! Il regroupe des corps de métiers, dont les principaux sont les tailleurs de pierre et les charpentiers. Ce sont des sociétés d’ouvriers qui passent pour secrètes, avec leurs rites, coutumes, insignes et leur emblème principal : la Canne !
« C'est vers le Moyen-Âge énorme et délicat
Qu'il faudrait que mon coeur en panne naviguât. » Verlaine
LA LÉGENDE D’ HIRAM…
La Bible rapporte que lorsqu’il décida de construire le temple de Jérusalem, le roi Salomon fit appel à un architecte du nom d’Hiram, secondé par Maître Jacques, responsable des tailleurs de pierre, des menuisiers ainsi que des maçons, et le Père Soubise, qui dirige les charpentiers. Les ouvriers travaillant sur le site étant fort nombreux, il devint nécessaire de distinguer les hommes habiles, des hommes sans qualification.
« Portant l'airain, le cèdre et le marbre et les toiles
Les ouvriers aux bras de fer
Aussi nombreux que les étoiles
Et que le sable de la mer
Travaillaient gravement, loin du profane bruit
Depuis midi jusqu'à minuit. »

André Chénier Le roi Salomon
« Un point dans un Cercle, et qui se place dans le carré et le triangle. Connais-tu le point ? Tout est pour le mieux. Ne le connais-tu pas ? Tout est vain. »
Hiram confia à ceux qui s’en montraient dignes un mot de passe, afin qu’ils soient rémunérer selon leurs mérites ; conduits dans un souterrain creusé sous le Temple, ils étaient initiés... Trois apprentis jaloux, furieux de ne pas avoir été distingués, lui dressèrent un guet-apens, le frappèrent et le tuèrent...
Les assassins creusèrent 3 fosses :
- Une pour le cadavre
- Une pour les habits
- Une pour la Canne d'Hiram
Son corps fut retrouvé par 9 de ses compagnons, car une branche d’acacia avait poussé sur sa tombe ; Les assassins découverts, furent exécutés sur ordre du Roi Salomon.

LA CANNE DU COMPAGNON
À l'origine, la Canne est un bâton de route, une arme de défense efficace, ainsi qu’un soutien de l’homme. Les Cannes de Compagnons sont rondes, à pans, octogonales ou torsadées, longues ou courtes selon les sociétés, et possèdent un grand bout ferré à une extrémité ; le fût est en jonc d’Inde, la meilleure variété vient de Malaisie qui plie mais ne rompt pas (important pour les rixes). La Canne droite ornée de Rubans accompagne le Compagnon sur les routes du Tour de France, et lui sert directement lors de nombreux rituels :
" Elle est à la peine comme elle est à l'honneur."
Son rôle est primordiale dans le compagnonnage ; elle participe à toutes les cérémonies (lors de la conduite : reconnaissance du chapeau, de la Canne, enterrements, mariages, conduite de Grenoble...)
La réception
Le mariage
Selon les corporations, les pommeaux varient de forme et de matière (corne, ivoire, laiton et torse, noix de coco...) ; Il est noir pour les charpentiers, blanc pour les tailleurs de pierre, sur lequel est gravé dès le 19e siècle : le nom du compagnon, son rite, sa corporation, la date de sa réception, avant de recevoir plus tard, ses Couleurs. Les pommeaux ainsi que les Cannes pouvaient être évidées afin de contenir le passeport. Il existait 13 manières de porter la Canne.
La Canne, c’est le symbole du pèlerin, dans "toutes les civilisations du monde" !
Pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle, du Mont Saint-Michel… N'oublions pas que le Christ s'est montré en Pèlerin, la Canne à la main, à ceux d'Emmaüs. C'est aussi la Canne de l'Errant, du vagabond, du « Passant »... celui qui reste étranger partout ou il passe, toujours prêt à partir sur la voie… Certains ont vu dans la Canne ferrée un souvenir de la lance des Templiers.
Compagnon blancher-chamoiseur en pèlerinage vers la Sainte-Baume
« La Canne, gage précieux
De la valeur et de la gloire
La Canne fait mille envieux
Sur la route de la victoire !
Respectable par sa longueur,
Plus brillante qu'une auréole
C'est le symbole de l'honneur,
C'est notre Dieu, c'est notre idole… »
Il existe 2 sociétés rivales : Les Compagnons du Devoir et ceux du Devoir de Liberté, leur division viendrait des guerres de religion…
La Sainte-Baume
LE TOUR DE FRANCE, DE L’ESTIMABLE LE PROVENÇAL
« … De Sainte-Beaume enfin, je parcours la forêt;
Je vais de toute part, du haut des monts stériles,
Mes regards s'arretaient sur des plaines fertiles;
Je croyais ce séjour inhospitalier,
Quand tout à coup je vis des gens s'affilier.
Un d'entr'eux s'approchant, me dit d'un air sincère,
De le suivre, pour voir son joli monastère;
Avec plaisir je suis ce guide complaisant,
Qui me demande enfin, si je suis devoirant.
Frère, lui dis-je alors, je quitte la Provence
Pour aller parcourir l'aimable tour de France;
J'ai quitté mon pays, père, mère et parents
Pour me voir quelque jour au rang des devoirants.
Allez, dit-il, allez, que le ciel favorise
Votre pur sentiment, votre noble entreprise ;
Fasse le sort que, étant toujours homme d’honneur,
Vous soyez sur le tour, conduit par le bonheur.
Après cet entretien, je me mis en voyage,
En saluant le frère, ainsi que l’Hermitage ;
Mais bientôt me trouvant dans le bas d’un vallon,
Au loin j’aperçus la tour de Saint-Pilon ;
J’admirais son sommet, quand je vis des étoiles,
Car la nuit commençait à déployer ses voiles.
Dans ce lieu sombre alors, je m’éloignai soudain,
Quand tout à coup je vis les bords d’un vieux chemin ;
Je suivis ce sentier au gré de la fortune,
Et Cuges vit finir mon voyage nocturne... » E. Collomp

La chapelle du col de Saint-Pilon
LES COULEURS
« Quelle couleur doit on mettre au col d'un compagnon mort ? La Rouge s'il meurt de blessures, la Bleue s'il meurt de coups, la Jaune s'il meurt de maladie. »
Les couleurs - Malicorne
Les Couleurs sont des Rubans aux formes, tailles et couleurs particulières où sont frappés, le rite, métier, grade et fonction du compagnon ; elles varient selon les Sociétés. Elles ont été portées au chapeau, au cou, aux boutonnières, à la ceinture... Chez les anciens dans les corporations du Devoir (Enfants de Maître Jacques) on portait de 3 à 7 couleurs : Blanche, bleue, rouge, verte, noire, jaune-orange, violette. Le port des Couleurs donne lieu à d'incessantes contestations provoquant de nombreuses rixes. Les Couleurs ou Rubans sont avec la Canne les emblèmes du Compagnonnage, il y a des Couleurs de ville, de corporation, de deuil.
Compagnons cloutiers et cordiers du Devoir en tenue de deuil.
Au décès du compagnon les Couleurs dans la plupart des Sociétés, sont coupées sur le cercueil et enterrées avec lui, ou léguées à la Cayenne (lieu de résidence du compagnon).
L'enterrement
Gravées avec des rouleaux en velours, les couleurs sont marquées par des fers à chaud. On trouvait 5 Rubans longs et 5 courts, terminés par des franges dorées. Le Jeu entier des Rubans est enfermé dans un étui de fer blanc. Le Père des Compagnons du Devoir, établi à Saint Maximin près de la Sainte Baume, avait le privilège au 19e siècle, du monopole de vente des Couleurs et des Cannes.
Compagnon poêlier ou chaudronnier du Devoir Compagnon vitrier du Devoir
« Que l'on m'apporte à l'instant mes couleurs.
Je veux les voir avant de rendre l'âme.
Chers Compagnons placez les sur mon coeur.
Afin qu'elles me servent d'oriflamme... » E. Collomp
Souvenir d'un compagnon défunt
« … Chers compagnons, l’auteur de ces couplets,
Ne peut ici, s’exprimer qu’avec peine…
Mais si ces vers, le fruit de ses efforts,
Ont par leur sens pu pénétrer votre âme,
L’Estimable, le Provençal alors,
Veut avec vous chanter jusqu’à sa mort,
Son nom, ses couleurs et sa canne ! » E. Collomp
LE TOUR DE FRANCE
« Le Tour de France, c'est la phase poétique, c'est le pèlerinage aventureux, le chevalerie errante de l'artisan... plus tard, il aura des souvenirs et des impressions; il aura vu le monde, il aura fait son Tour de France ! » Georges Sand

Départ sur le tour de France vers 1840.

Cannes en main, gourdes au côté
Rouleurs, déployez vos bannières,
Insignes de fraternité.
Au loin le travail nous appelle,
À nous de construire et bâtir !
Allons ! Allons ! Troupe fidèle,
En marche, en marche, il faut partir. » A. Perdiguier
Le chantier
Le tailleur de pierre - M. Robine
L'embauché payant sa bienvenue Le rouleur et l'embauché
« La vocation est un torrent qu'on ne peut refouler ni barrer ni contraindre, il s'ouvrira toujours un passage vers l'océan.» Ibsen
Pour apprendre et perfectionner son métier, le jeune compagnon accomplit son Tour de France qui dure entre 2 et 7 ans ; il ne se sépare jamais de sa Canne, ornée de rubans aux couleurs de sa corporation ! Lui prendre est commettre le plus grand des outrages !
« Je veux voyager, apprendre, et me faire ce que je dois être. » G. Sand - Les Maîtres sonneurs
"Canne chérie, ô mes amours
En toi j'ai mis ma confiance
Puisque tu protégeas mes jours
En voyageant au Tour de France
J'aime ta superbe longueur
Et ton embout, l'effroi du crâne
Qui souvent sur le champ d'honneur
Su rendre ton maître vainqueur "
"Entre Muse et Vergèze
Nos honnêtes compagnons
Ont fait battre en retraite
Trois fois les chiens capons
À coups de Cannes et de compas
Nous détruirons ces scélérats… »
« Il n'est aucune ville du Tour de France qui n'ait connu ces empoignades dont la technique ne variait guère : " le poing, la Canne, le compas, ou le Bâton » A. Perdiguier
« Moi, dit l’un, j’ai d’un coup de mon fameux Bâton
Etendu raide mort, Bien Aimé le Breton.
En le voyant tomber, son proche camarade
Ignorant si du flanc je connais la parade
Me porte un coup de bout qui m’effleure la peau
J’y riposte, et le mien lui brisa son chapeau… » Albigeois L’Ami des Arts 1844
« Nous avons vu maintes conduites
Dont le seul but était provocateur
Et sur les champs, sans en prévoir les suites,
L'on s'aiguisait par des chansons d'horreur.
On se tapait toujours avec colère
La Canne au poing quelquefois un compas,
Chacun de nous doit savoir vivre en frère
Et propager l'union des états... » Escolle – Joli Cœur de Salernes
LES RIXES…
Les rixes sont nombreuses, les affrontements sanglants, les compagnons se « jouent » des villes parfois pour 50 ou 100 ans afin de conserver le monopole des chantiers et du travail ! Certaines sociétés n'hésitent pas à s'attacher les services d'un maître d'armes rétribué pour le maniement des Cannes de combat. C'est le cas des tailleurs de pierre, des charpentiers et des serruriers, corps en proie aux querelles les plus violentes.

La rixe de Tournus
« Chaque société envoie aux "champs" 4 champions armés de Cannes et de Compas ! »

" Ils se servent du poing, du pied, du Bâton à 2 bouts, du Bâton plombé, du compas du fléau, de l'anguille sablée... blesser, tuer un adversaire n'est pas un crime: c'est une action héroïque ! Glorieuse !..."
Les villes du midi possédaient de rudes jouteurs : "Manceau le Rouge", Martinet dit Poitevin "l'Exterminateur des Margageats", Périgord Sans-Peur dit "Mouton Coeur de Lion", "Vaudois Va de bon Cœur", "Nantais le Bourreau des Dévorants"… Mais également « Nivernais Frappe d’Abord », « Hercule l’Angoumoisin » ou « Tourangeau Sans Quartier » ; c’étaient de véritables athlètes, des héros, des martyrs aux exploits chantés sur les routes du Tour de France !
Le Compagnon du Tour de France
« … J’étais Dévoirant d’la Racroche
La fleur de Saint Cyr-sur-Morin
Avec deux thunes dans ma poche
Et ma belle Canne d’un mètr’ vingt
Aux abords de Troyes en Champagne
J’fis la connaissance d’un gavot
Qui se prenait pour Charlemagne
J’lui foutis ma Canne sur l’museau
J’savais pas c’que j’avais gagné
Dans la bonne ville de Toulon
J’fus pris par deux Brassés-carrés
Qui me conduisirent au violon
Et l’on m’engagea pour la Chine
Dans les artilleurs de marine
Mon tour de France s’arrête là
C’est devenu mon tour du monde
Et comme on dit qu’la terre est ronde
C’est un tour qui n’en finit pas
C’est l’destin qu’est la cause de tout
Sans ça j’s’rai cor’ dans l’paysage
En train d’chanter sur un faîtage »
Texte : Pierre Mac Orlan Interprète : Monique Morelli
1730 - La BATAILLE de la PLAINE de La CRAU
Vaste plaine formée par les anciens lits successifs de la Durance, la Crau s'étend entre le golfe de Fos et les Arpilles; elle fut le décor d'un combat terrible et sanglant entre les Enfants de Salomon et les Enfants de Maître Jacques et du Père Soubise. Querelle immortalisée dans nombre de chansons compagnonniques où chacun s'attribue la victoire, selon l'usage. Frédéric Mistral a évoqué cette lutte terrible dans « Calendal », son meilleur livre.

La Plaine de La Crau
« … Les combattants armés de Cannes à bouterolles, de grands compas de fer et d’outils assassins, se massacraient : « Il faut que j’ouvre, étripe que je couvre le sol avec ces peaux de Chiens ! », et les deux bandes s’éventraient. La frénésie les brûle, les aveugle : acharnés, ils se plongent le compas dans le corps, et meurent, la lèvre écumante… Contre le tronc d’un hêtre, voilà que mon pied heurte un pauvre adolescent, de 16 ans environ, dont un coup de marteau avait crevé la tête, dans la rixe. Il avait les cheveux, comme pour une fête, longs et tressés ; mais de son front béant le sang qui coulait rouge souillait et chevelure et tresses.
« Arrêtez, misérables, arrêtez ! Par bonheur, j’avais mon Bâton de vigne : contre l’assaut de la tempête, avec lui sur mon front faisant le Moulinet ; rudement tant que plurent les coups, rudement je me mis à couvert.
« Frères, dit l’un, ce pain a bonne croûte, nous ne parviendrons pas à l’entamer. Tout seul, contre tous il se pare… Ma foi, c’est le plus crâne Bâtonniste que l’on ait jamais vu : respectons le ! Que nous veut-il ? »
1825 - RIXE de TOURNUS
Il s’agit de la plus grande rixe entre compagnons Étrangers et Passants.
« 2 septembre. Une rixe grave s'est déroulée la veille, entre 200 compagnons Tailleurs de Pierre du Devoir de Salomon et 60 du Devoir de Saint Jacques qui venaient d'arriver à Tournus pour travailler. L'autorité a du se replier malgré l'aide de 40 pompiers et quelques gendarmes envoyés en renfort. 400 mutins menacent de mettre le feu à la ville… »
Lettre du préfet de Saône et Loire au ministre de l'Intérieur.
« 17 septembre. 100 compagnons de Salomon sont entrés à Tournus armés de Cannes et gros Bâtons chantant : « Repoussons tous ces brigands, ces infâmes dévorants, fonçons sur eux à grands coups de Bâtons, marchons en avant, assassinons tous ces brigands et ceux qui les soutiennent » leur disant de se dépêcher de manger du raisin, « demain il ne serait plus temps ». Le maire fait arrêter 78 ouvriers en train de boire dans les cabarets, les autres ont pris la fuite. »
Lettre du maire de Tournus au préfet de Saône et Loire.
Le 8 novembre, 5 compagnons de chaque Société signeront devant notaire un traité pacifique... un concours départagera les 2 compagnonnages.
LE CHEF D’ŒUVRE
Les villes pouvaient se « jouer » autrement que par les coups de Canne et de Bâton… Chaque société désignait ses "Champions de l'Art royal" : un concours déterminait la réalisation du plus beau chef d'œuvre, jugé par des experts. Les perdants devaient quitter la ville au plus vite !

Dans les corporations, on appelait "chef-d'oeuvre" depuis le Moyen-Âge, l'ouvrage imposé à l'apprenti pour passer maître selon une règle bien établie... Le chef d'oeuvre est une épreuve traditionnelle entreprise après 7 années d'apprentissage et de perfectionnement.
Il en existe plusieurs types et devient obligatoire à partir du 15e siècle. Il mène " l'homme jusqu'à cet achèvement qui donne l'entière possession d'un métier". Cette épreuve consacre le Compagnon dans sa profession : il devient Compagnon-fini…

Chef d'oeuvre de charpentier
Chef d'oeuvres célèbres : La Tour Eiffel, la Statue de la Liberté, le rétablissement des flèches de Notre Dame, le Grand Palais, l'Opéra Garnier, la Sainte-Chapelle sur l’ Île de la Cité…
" Tout édifice est une pensée " Victor Hugo
TV – CINÉMA – CHANSONS
1974 - ARDÉCHOIS CŒUR FIDÈLE
Synopsis : « Toussaint Rouveyre, ancien capitaine des armées napoléoniennes, regagne son village de l'Ardèche, après un séjour au Canada. Il envisage de partir pour l’Amérique et demande sa part d’héritage à son père ; afin de la toucher, il est obligé d’obtenir l’accord de son jeune frère Antoine, parti faire son Tour de France, comme compagnon menuisier du Devoir. Il apprend que celui-ci a trouvé la mort dans la rixe de Tournus opposant les deux clans rivaux des Compagnons : les "gavots" et les "devoirants". Toussaint n'a plus qu'une pensée : venger la mort de son frère. Afin y parvenir, il s'engage chez les Compagnons du Devoir de Liberté, le clan ennemi... »
Fiche technique :
Réalisation : Jean-Pierre Gallo
Scénario original, adaptation et dialogues : Jean Cosmos et Jean Châtenet
Musique : Gérard Gallo
Directeur photo : Jacques Renoir
Montage : Danielle Anezin
Costumes : Sylvie de Segonzac
Décors : Serge Douy
Cascades : Claude Carliez

Le feuilleton doit une grande partie de sa réussite, à l’interprétation de ses 2 comédiens principaux : Sylvain Joubert et Claude Brosset.
« … Sylvain Joubert fait mieux que de jouer son rôle, il l’impose. Le film ne pouvait vivre sans un tel comédien qui ajoute à la force de sa nature personnelle toutes les ressources d’un métier sans erreur… » G. Walter - Le Figaro
Claude Brosset, effectue une magnifique composition dans le rôle de Tourangeau, une force de la nature, une grosse brute, un rustre illettré, mais un homme de cœur auquel on s’attache peu à peu.

Les 2 comédiens furent entourés de Michel Robin, Henri Marteau, Jean Champion, Jacques Rispal et Pierre Guéant qui campe le fidèle Pontoise « … Il est mort récemment ; il a demandé que l’on mette sur sa tombe, une photo du feuilleton où on le voit habillé en costume de compagnon. Ce geste m’a beaucoup touché »… Luc Benoist
La majorité des scènes furent tournées à 30 kms de Paris, à l’exception d’une semaine passée sur le plateau du Larzac et au pont du Gard. Claude Carliez, chargé des cascades et des duels, réussi une excellente séquence de combat à la Canne de plusieurs minutes.
Ardéchois coeur fidèle - Le combat de cannes
1961 - LA PENDULE À SALOMON

Un film de V. Ivernel, d’après le livre de Raoul Vergez
Synopsis : "Pour se venger d'un affront, le charpentier Jean-Baptiste, démolit le clocher du village. Exclu par la Confrérie des charpentiers, il part avec deux autres compagnons, pour édifier le cintre d'un pont. Affrontant les élements naturels ils réussissent leur ouvrage. A son retour, il constate que son fils a reconstruit le clocher..."
Distribution : René-Louis Lafforgue, Daniel Ivernel, Charles Moulin…
PORTRAIT : AGRICOL PERDIGUIER
« Adieu beau Tour de France de mes 20 ans, tu as été le parfum de ma vie... avec lui j'ai suivi le chemin de l'honneur et je désire partir dans l'autre monde sans y avoir failli. »
Agricol Perdiguier dit Avignonnais-la-Vertu (1805-1875), commence son 1er tour de France en 1820. Compagnon menuisier du Devoir de Liberté, il essaie d'apaiser les « tensions » entre les sociétés de compagnons… Il écrit des ouvrages importants sur le compagnonnage, des chansons, entretient des correspondances avec Chateaubriand, Lamartine, Béranger, E. Sue et fréquente en compagnie de Sand, le salon de Marie d'Agoult.
Le livre du Compagnonnage qu’il publie en 1839, lui apporte quelques solides inimitiés… mais aussi la reconnaissance des milieux littéraires républicains, et la célébrité. En 1848, il est élu député à Paris. Le 2 décembre 1851, après le coup d’état du futur Napoléon 3, il est arrêté avec de nombreuses personnalités… Edgar Quinet, Victor Hugo, Louis Blanc, Lamennais...
Il disparaît en 1875, pauvre et abandonné…
« Peu sensible à la poésie des combats, doué d’un zèle apostolique, persévérant, actif, infatigable, dominé et comme assailli à toute heure par le sentiment de fraternité humaine, Agricol Perdiguier de faire comprendre à ses frères l’idéal éclos dans son cœur. » G.Sand

Ouvrages principaux :
1839 : « Le Livre du Compagnonnage. »
1854 : « Mémoires d'un Compagnon. »
Extraits :
« Les compagnons du Devoir de Liberté m'ont pris par la main au sortir de l'enfance, m'ont dirigé, soutenu, et me ramènent grandi et fortifié à mon point de départ. Dans mon pays, mes dessins, mes modèles, mes couleurs, mon écharpe (de premier compagnon), ma Canne, mon Certificat d'honneur dans son magnifique cadre me parlent sans cesse du Tour de France… »
« Admirant l'opulence
De nos belles cités
Je visite la France
Reine des Libertés
Prêchant la tolérance
Et la Fraternité
L'amour et la science
Soeurs de l'Egalité »
« Quel étonnement monsieur Arago de vous entendre ainsi parler, que dites vous là ? Cinq ou six siècles avant Monge, pourtant les grandes cathédrales étaient debout avec leurs hautes nefs, leurs flèches élancées, leurs chaires à prêcher ! Et tout cela aurait été fait de routine ? »
« En ce moment, la presse quotidienne semble dédaigner les productions littéraires des artisans ; elle prévoit les effets de cette intelligence qui pénètre toujours plus profondément les masses ; elle craint une émancipation trop complète, trop vaste...
C'est à vous Madame à détruire leur tactique, à encourager les artisans poètes et prosateurs, ainsi qu’à leur donner confiance, dussent comme vous l'avez dit vous-même, quelques suicides de plus avoir lieu chaque année... » 1842 – Lettre à G. Sand
« Mon frère, mon fils et Mr Chopin vous disent mille choses affectueuses. » G. Sand
« Je vous envoie ce que j'ai de plus fraternel dans le cœur. » V. Hugo
À Perdiguier
« Perdiguier, lève toi, reviens parmi tes frères,
Viens errer dans nos coeurs où tu semas l'amour.
Viens, ô bon Laboureur, étendre sur nos aires
La pénible moisson que tu semas un jour.
Nos Cannes ne sont plus teintées du sang des Nôtres,
Les embouts argentés répudient les combats.
Si tu fus le messie, nous sommes les apôtres,
Compagnons d'aujourd'hui, ne nous divisons pas !
… Perdiguier, dors en paix, nous gardons ta mémoire,
Et nos petits-enfants reviendront après nous
Parfois, renouveler cette palme de la gloire
Que t'offrent les gavots, Dévoirants, Chiens et Loups. » A. Boyer

Compagnon menuisier du Devoir de Liberté, en deuil